Faces
été 1995, n°36
Evolutif et à rapide obsolescence, l'habitat individuel de Nuria Pons, Marc Sauthier et Olivier Vallat propose une structure simple de cellule organisée autour d'un patio sur lequel s'ouvrent les espaces du séjour et des services. Simplicité et économie dans la conception se conjuguent avec deux principes d'implantation de la disposition et de jonction au sol. Un chemin d'accès longeant la limite nord de la parcelle distribue quatre corps de bâtiments. Conçus sur un seul niveau, ils sont disposés perpendiculairement au chemin et parallèlement à la pente du terrain; principe qui permet à chaque corps de bâtiment de s'assurer la vue sur le lac.
La création d'un plateau de réception du bâti, qui constitue dans le même temps la jonction au sol, détermine la limite de la construction, riche d'espace ouvert et couvert, et de relations entre intérieur et extérieur.
Le concours est l'occasion pour Pons, Sauthier et Vallat de proposer un modèle extensible selon des agrégations, soit horizontales soit verticales. On peut s'interroger sur la plausibilité des agrégations par rapport au type proposé. Mais certainement l'évocation du fameux projet théorique de Le Corbusier de l'immeuble-villa, permet quelque considération. Rappelons qu'il ne s'agit pas d'un simple casier à maisons, mais d'un concept d'habitat équilibrant vie individuelle et vie collective, par transposition, entre autres, du principe de la chartreuse toscane de Ponte à Ema. Sujet dès l'origine à plusieurs variantes, il permet réellement des évolutions et des interprétations adaptées aux nouveaux usages de l'habitation. La richesse de ce modèle théorique est retenue ici pour ses qualités constructives. Il n'y a pas l'exploration d'une variante duplex, ni les terrasses à double hauteur, ni le système de circulation typique du projet de Le Corbusier. Les trois architectes proposent une version économique et simple du modèle : circulation intérieure développée longitudinalement le long des lames; ouverture sur deux côtés pour permettre une réduction de la surface du terrain et une certaine privacité. (...)